Rochelle de l’an II : on refonde la République ?

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le-siege-de-la-rochelleSi vous avez la curiosité de consulter le programme des festivités du PS à l’Université d’été de la Rochelle, vous tomberez sur deux sujets, dont l’un pourrait être la danseuse de l’autre : « La politique et le citoyen, le divorce est-il consommé ? » et « Faire gagner la démocratie face à l’extrême droite » (avec Manuel Valls et Emmanuel Maurel en guest stars). Chouette ! Voici « deux ou trois pistes de réflexion » comme disent les intellectuels avant d’accoucher de leur pensée (forcément) globale, pour bien préparer ces deux débats intimement liés. (Article paru dans Ragemag)

2013. L’ensemble des démocraties du monde, quel que soit leur état d‘avancement, sont éprouvées par une crise profonde de la légitimité du politique. Les élites ignorent le peuple et le peuple emmerde les élites, pour faire bref. La raison principale de cette fracture entre la source de la légitimité politique et ses représentants ne réside pas dans le mythe (libéral) d’un manque de transparence du politique, comme l’actualité trop pressée a cherché à l’imposer après l’affaire Cahuzac. La « transparence » est par nature introuvable et mène, sémantiquement, au rêve libéral de la disparition du politique.

Si le lien sacré (c’est pompeux, mais c’est dans les textes) entre le peuple et ceux qui le représentent s’est tant détérioré, c’est que la politique elle-même, en tant que pouvoir, en tant que force, que coagulant légitime et nécessaire de la société, s’est effilochée à un point tel que sa capacité à saisir et transformer le réel s’est réduite comme peau de chagrin. On en est à espérer une inversion des courbes (vœu louable)  là où on devrait projeter les nations dans les univers inexplorés des libertés nouvelles à imaginer, du partage entre tous à réinventer et des mille territoires de l’existence encore inconnus, des nouvelles frontières qui s’offrent à nous (les océans, Mars…). Il n’y a aucune fatalité à cet état de fait, c’est le fruit d’un processus historique qui a vu les États-nations céder leur souveraineté, leur capacité à agir, à un monstre aussi génial que vorace : le capitalisme nouveau (ni pire ni meilleur que l’ancien, juste infiniment plus sophistiqué), très mutagène, s’incarnant dans des organisations internationales (FMI, OMC, BOM, UE…) et concentrant sa redoutable puissance et son hallucinante force de frappe dans les Banques privées, qui se sont inventées un faux nez pour détourner les regards : les agences de notation.

Le pouvoir s’est échappé, loin, très loin du citoyen. Qu’il vote, qu’il grogne, qu’il s’insurge, qu’il décide d’occuper la rue… Quel que soit le moyen utilisé par les mandibules agitées du corps civique pour claquer l’air du temps de son mécontentement et marquer sa volonté d’engager le pays sur une autre voie que l’ordolibéralisme, monade disciplinaire de l’époque, le cours des choses n’en est pas franchement perturbé. On change les équipes au pouvoir, ça évite la surchauffe, sur le modèle du courant alternatif, et les bardes médiatiques, rossignols imperturbables de la glaciation de l’Histoire, de singer Homère dans un storytelling perpétuellement à bout de souffle où le quatrième pouvoir s’est installé en déambulateur du premier… Hellas, trois fois Hellas

La nouvelle Rome : la Banque

banque loseLe lieu du vrai pouvoir, la Rome de ce moment débile de l’Histoire où les échanges humains sont sublimés dans des algorithmes rationalisant tout à l’extrême, jusqu’à l’absurde entassement de fortunes sans aucun sens, c’est La Banque. Là se jouent les tragédies atridiennes et luttes byzantines contemporaines. Les qualités humaines de survie et d’ascension en leur sein n’ont, à en croire les fresques journalistiques contées dans de belles sommes d’investigations1, rien à envier à un Scipion Émilien terrassant Carthage et permettant à la République d’établir son imperium sur toute la méditerranée. Le pouvoir est dans la Banque, les héros aussi. Rien d’étonnant à ce que ce soit le nouveau terrain de jeu de tous les services secrets du monde.

C’est entendu, su, décortiqué, analysé, prouvé, démontré et ce le sera encore longtemps. Des bretteurs isolés comme Frédéric Lordon, Emmanuel Todd, Jean-Claude Michéa (même si ces trois là sont loin d’être d’accord sur tout) démontent les vérités talmudiques colportées dans les têtes de nos élites à l’intelligence et aux réflexes aussi uniformisés que leurs cravates impeccables. Une nouvelle espèce de héros naît du carnage de l’économie réelle, le « lanceur d’alerte », qui tel Hervé Falciani2 sort tout droit du cœur de l’empire, en l’occurrence HSBC, pour donner aux gouvernements les clefs de la lutte implacable qu’ils doivent mener pour retrouver la force qui manque à leurs bras ? Les éclaireurs sont là, à l’affût des falsificateurs. What else ? Gouvernements italien, espagnol l’ont écouté (ont récupéré au passage quelques milliards), et y ont trouvé leur compte. En France, il fut doctement écouté en juin dernier au Sénat et à l’Assemblée, dans deux commissions d’enquête, mais le gouvernement lui-même saura-t-il se saisir et profiter des ressources de ce chevalier tombé du ciel ?

La politique en pleine crise existentielle

Les solutions du politique pour être le politique, c’est-à-dire souverain de lui-même et commandeur ici bas, sont connues. On les a mises en débat depuis le déclenchement de la crise bancaire aux États-Unis en 2007, comme un murmure dans la tempête… Séparation des banques, interdiction des paradis fiscaux, règlementation des flux financiers, mise en défaut d’États rançonnés, renégociation des dettes, identification des dettes dites « légitimes » et « illégitimes »… Tout est lié, trouve son sens et sa cohérence dans la rente (et les rentiers). Mille génies travaillent à ce que l’impôt des ego mondialisés n’alimente plus le pot commun des nations démonétisées. Jouant du dumping concurrentiel d’États à la dèche et réduits à faire la manche, les grands groupes, primus inter pares de la globalisation, volent de leur propre indépendance, narguant ces vieux machins à la dérive. Apple, Amazon, Total… L’impôt, connaît pas, ou si peu… C’est plus simple. Interdiction des licences bancaires ; lois taxant arbitrairement les profits ; nationalisation abrupte (sans indemnité ni rachat) ? Un peu d’imagination, s’il vous plaît, c’est vous qui commandez aux armées, les juges appliqueront vos lois, rendez aux peuples foi en la démocratie, démontrez que vos bobines n’ont pas juste été castées pour occuper le grand théâtre de guignols qui désespère tant… C’est une lutte à mort, entre le politique et ces petites mains pas si invisibles que ça et mettent le roi à nu, qui se joue. Sans parler, pour notre compte hexagonal, de la nécessaire refonte des institutions crépusculaires de la cinquième république, granit immobile suspendu au dessus d’une société qui l’ignore. Le lien est rompu, les corps intermédiaires avancent en aveugle. La loi, trop souvent sourde aux cris du peuple, est votée sans adhésion, appliquée sans zèle, n’impressionne plus le puissant qui la méprise ni le faible qui ne s’y reconnaît pas, agace la classe moyenne qui s’estime seule à en subir les effets.

La crise de la démocratie réside ainsi essentiellement dans une crise existentielle du pouvoir politique, de plus en plus illégitime parce que de moins en moins capable. Et dans ces moments, où les légions de laissés pour compte de notre système grossissent à vue d’œil, les crispations, frustrations, fractures de toutes sortes s’entremêlent et dessinent les contours d’une guerre civile larvée et permanente. Les égoïsmes se rebiffent, les communautarismes se cristallisent, les haines explosent, les ghettos -mentaux, sociaux, territoriaux- envahissent l’espace commun. Tout le monde se pense victime de tout le monde. Le riche, cloué au pilori, se lamente de la brutalité populiste à son égard. L’intégriste couvrant sa femme d’un catafalque rêve son khalifa de proximité (à Trappes ou ailleurs) et dénonce le fascisme qui l’accable. Le jeune, bardé de diplômes et sans avenir, veut se barrer (il a tort mais a ses raisons). Le prolo des campagnes vote massivement pour un parti qui ne le représente pas mais représente une menace pour tous les partis qui tendent à l’oublier (mais pas les élus de ces territoires, souvent vaillants résistants). Le vieux devient hargneux, on lui tape sa déjà petite retraite. La classe moyenne voit baisser gravement la moyenne, ses gosses squattent la baraque, auront-ils un jour ce que eux ont pu obtenir ? Les angoisses se diffusent, les certitudes se radicalisent. La réponse politique fait trop souvent pshiiit.

C’est la fête !

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Chacun pour sa gueule et place aux plus malins, aux plus futés, aux plus habiles ou aux plus retors. Il n’est qu’à regarder Paris : c’est la fête, et quelle fête3 ! Le bobo sécuritaire s’agglutine en amas barbus (c’est la mode) dans des îlots de tranquillité (ça, c’est moi), gare son Vélib’ entre deux clochards, résistants baroques à la cruauté d’un monde qui les préférerait morts, ce serait plus clean. La cour des miracles côtoie l’entre-soi triomphant des derniers à profiter d’une économie en déclin, succédané de nos gloires fatiguées. Au 104, l’art content pour rien mais coûtant très cher préfigure une Babylone intellectuelle. Sur les terrasses, nocturnement, les pédestres brigades clownesques de la Mairie de Paris, hordes de précaires au nez rouge, miment des ordres de chuchotement aux verbeux avinés vociférants trop bruyamment pour l’universel voisin, entité totalitaire visant à faire régner le calme. Dans la patrie de l’universel, le moi a été tribalisé. La tribu, dupliquée à l’infinie, s’est agrégée en troupeaux galopant de manière anarchique et ruinant les champs infertiles d’une morale qui se voulut fraternité, d’une éthique qui se voulut liberté, résiliences fossiles de nos vieux mythes. Hyperconnecté, hyperperformant, l’homo liberalus d’aujourd’hui est déjà l’homme de demain. Il s’est échappé de l’histoire, trop contraignante. Sans nation, sans frontière, sans mémoire, tranquillisé par l’urgence et tétanisé par le doute qu’il a rejeté dans les arrière-mondes d’une psychologie laminée au management, il se confond avec sa tablette, homme 4G, homme appli, devançant l’invasion des robots dans notre quotidien, eux même incarnant malgré eux la défaite de la politique face à la technique, de l’homme pensant face à l’homme agissant, de l’intellectuel sympa face au con obsédé par sa montre et ses impôts4.

A l’autre bout de l’économie (dans tous les sens du terme), les multitudes, hagardes, fascinées, ravies, dégoûtées, révoltées, grignotent les miettes du banquet de la victoire, empêchées de renverser la table. Alors on les gave, ces perdants de l’époque, de mille produits « culturels ». Mass media, Mass kultur. De Fifty shades of greys (Marquis de Sade pour tous) aux télécrochets (l’humiliation publique consentie, déclinée dans toutes les sous-cultures occidentales), on uniformise les référents. Le consommateur bien-culturant (qui lit les Inrocks et regarde le Petit journal) se gausse et se rassure en mettant en opposition ces phénomènes de masse avec sa propre sériephilie (l’addiction branchée du moment), forum culturel où le téléchargement et le streaming mettent tout le monde à égalité d’accès. Plus besoin d’avoir une bibliothèque, la source est la même pour tous. Un branchement, un écran. Après, que Game of Thrones vous donne des vertiges florentins ou que Tyrion Lannister soit perçu comme l’héritier de Passe-Partout… Tout se vaut, tout est égal. Tout est culture. Culture : tampon à usage multiple. Zaz ou Grand corps malade vont être érigés le temps d’un plateau télé au rang de poètes. Shakespeare est partout. Même toi, tu peux l’être, l’illettré.

La culture est partout car l’Art n’est plus que marchand. On n’a jamais publié autant de livres, jamais on n’a produit autant d’écrivains, ni de cinéastes, ni de clowns… Hier, François 1er avait Léonard de Vinci et Dieu ses bâtisseurs de cathédrales. Aujourd’hui, un pot de yaourt a cent designers et mille publicitaires (gugus qui sont la production du n’importe quoi culturel, de la valorisation économique du créatif au détriment du créateur). A mesure que le taux de bacheliers en France s’est densifié, le nombre de français persuadés que le soleil tourne autour de la terre s’est stabilisé (autour de 30%). L’éducation nationale a cessé de s’interroger sur le transmetteur, minimisant la transmission, sacralisant le récepteur et inventant de facto la pensée magique, ou pédagogie : l’adulte et l’enfant supplantent le maître et l’élève, le programme personnalisé de réussite éducative (sic) pacifie la gestion de la difficulté sans y remédier, phagocytant l’élaboration d’un savoir construit peu à peu. On « fabrique des crétins » en pagaille, revers de la médaille de la volonté d’alphabétisation universelle ? Non, dérive d’une époque où la notion de progrès (les sciences de l’éducation, un progrès ?) s’est autonomisée de celle de l’égalité. Seuls les scrogneugneux réac’ regrettent ce monde merveilleux de nos grands parents, qui était affreux, tout le monde s’emmerdait sec sous le Général, et y’avait pas la contraception.

Le progrès à l’infini ?

Survivre-au-progrèsNotre univers, basculant des trente glorieuses où Papa était chef à la maison au printemps dans la culotte de sa fille qui a libéré sexuellement toute la société (dur d’être père), s’est construit sur une illusion qui se brise aujourd’hui. L’illusion que nous pourrions –devons- produire du progrès à l’infini (tout est progrès) car l’idée selon laquelle le monde d’aujourd’hui est forcément meilleur que celui d’hier, et celui de demain meilleur que celui d’aujourd’hui, n’est plus interrogée depuis trop longtemps. Ce mouvement du progrès infini a sa caricature ultime : la construction européenne. Cette aventure, présentée comme collective, ne peut être ni questionnée ni repensée sous peine d’être associé au mal. Et ce en dépit des incertitudes et insécurités multiples générées dans un corps social inquiet, et finalement peu perméable au dogmatisme ambiant.

L’Europe, l’euro, des progrès ? Les économies du Sud massacrées au nom de la rente germanique (dernière métastase du germanisme, devenu pépère, post-héroïque5, mais toujours vainqueur de la guerre civile européenne…) ? L’ouverture totale des frontières, fantasme du village global ? La modernité du débat politique voulant que tout le monde pense pareillement (en sortant de Science po ou après avoir regardé C dans l’air) à trois ou quatre détails près ? L’abandon des idéologies comme cadre structurant de notre dispute à l’Agora (abandon maquillant la victoire d’une seule idéologie) ? La flexibilisation du marché du travail qui devait créer du travail pour tous et a foutu un tiers des travailleurs sur la paille ? L’obligation de transparence et de vérité de tous sur tout (totalitarisme à visage humain) ? L’allongement de la durée de travail dans une vie (accompagnant un progrès –malin- celui de la durée de vie, mais la démonstration du lien obligatoire entre ces deux allongements n’a jamais été faite) ? Le progrès –social, lui-, c’est de moins bosser et de gagner plus, c’est la défense et la promotion des intérêts matériels et moraux de ceux qui ne vivent que de leur travail. Le reste est du vent, de l’idéologie au service de ceux qui n’ont pas besoin de travailler pour vivre, de la rente, ce « mort qui saisit le vif »6.

Naturellement, la société dans son ensemble ne s’est pas vraiment appauvrie. Il y a eu, il y a encore, et si ça dure il y aura toujours, les « gagnants de la mondialisation », les gagnants du progrès, vivant très bien, bien mieux qu’avant, et dans des proportions pas si ridicules que ça. Naturellement, toutes les tares libérales égrenées plus haut ont des aspects très positifs. Pour certains. Tant pis pour les autres, le libéralisme a reconnu les siens.

Combien de temps cela peut-il durer ? Combien de temps les digues élaborées par les institutions pour contenir les frustrations et colères populaires tiendront ? Il faudra combien de temps à la droite (toute la droite) pour se coaliser dans une offre politique présentable (ou pas…), selon les critères polis de l’esprit républicain, qui acte la fusion culturelle des électorats de la droite dure (non encore gouvernementale) à la droite habituelle (gouvernementale), dans le sillage des élections présidentielles et législatives de 2012 et du mouvement de la « Manif pour tous » ? Lentement mais sûrement les nappes phréatiques prêtes à exploser en Geyser se mêlent dans les profondeurs… Combien de temps avant que Marine Le Pen et son parti ripoliné n’accèdent au pouvoir, seuls ou accompagnés ?

La gauche au pouvoir va faire sa deuxième rentrée. Peut-être est-ce le moment, pour répondre à la question initiale, d’arrêter de se demander « comment la démocratie doit lutter contre l’extrême droite », qui est une fausse question, car elle met en scène le bien contre le mal, et cette prestidigitation biblique ne fonctionne pas plus qu’elle n’a de raison d’être. Mais plutôt « comment le politique peut répondre aux aspirations du peuple » ? En faisant de la politique, peut-être ? Mais pour ça, il va falloir assumer la « lutte à mort » décrite plus haut.

Nous ne venons pas de nulle part.

Pour cela, il est –encore- temps (il sera toujours temps jusqu’à la fin) de se poser une énième fois la question : la gauche aujourd’hui, c’est quoi ?

Nous savons au moins ce qu’elle n’est pas. L’accompagnement des réformes austéritaires, la faible appétence à chercher les voies d’un nouveau contrat social, la confusion entre ordre républicain et ordre tout court, l’absence de vision géostratégique d’ensemble, le refus obstiné de réinterroger la construction européenne, l’abandon de la révolution fiscale promise, le curieux trou noir intellectuel qui se dessine lorsqu’on aborde la question de la recherche et de l’innovation ou encore la non appréhension de l’urgence écologique…

republique sociale

Si tant de gens restent de gauche, ce n’est pas seulement par exécration des valeurs portées par la droite, du chacun pour sa gueule et tant pis pour le plus faible, c’est aussi parce qu’il existe toujours, sous forme résiduelle ou à fleur de peau, cette vieille conviction qui forge les révolutions et parfois bouscule en profondeur le monde : la société des égaux7 n’est pas un vain mot, c’est la fulgurance qui a arraché l’homme de la boue dans laquelle le maintenait les tyrans et les prêtres, et permet depuis plus de deux cents ans aux peuples de s’arracher de leurs fourreaux. Ici n’est pas le lieu de définir un programme, pour cela préférons les cahiers de doléances et l’intelligence créative des luttes et de la société mobilisée, bien plus porteurs de sagesse collective et de solutions concrètes que la réunion de petits cénacles, mais de rappeler que si nous ne voulons pas aller n’importe où, il est nécessaire de se souvenir que nous ne venons pas de nulle part.

Le roman français du socialisme, c’est la République sociale, fille de la première grande éruption d’un peuple dans l’Histoire, portée par des esprits et des caractères ciselés par les Lumières et une tradition séculaire de révoltes (avant les clowns de Paris, on avait une histoire…). Il ne s’agit pas de la proclamer ou de la trahir, ce serait pêcher par manque d’originalité. Mais juste de reprendre sa construction, lente, patiente, résolue et pugnace. Car l’histoire ne peut s’arrêter à la victoire de la finance, et encore moins à notre défaite.

1 La Banque, Comment Goldmann Sachs dirige le Monde, Marc Roche, Albin Michel, 2010 ;

«Ces 600 milliards qui manquent à la France, enquête au cœur de l’évasion fiscale », Antoine Peillon, Seuil, 2012

2 Ancien informaticien à la ­filiale genevoise de HSBC, la première banque mondiale, qui s’est barré avec les listings des évadés fiscaux et vit une rocambole internationale depuis

3 « Après l’Histoire », Philippe Muray, 1998

4 Je ne porte pas de montre

5 Réflexion de Régis Debray, dans « Eloge des frontières », discours prononcé à l’invitation de l’ambassade de France à Tokyo, publié en novembre 2010 chez Gallimard.

6 Karl Marx, dans je ne sais plus trop quel ouvrage essentiel

7 Relire La société des égaux, Pierre Rosanvallon, aux éditions Les livres du nouveau monde, 2011

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Par Renaud Chenu

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