Emmanuel Macron : Rothschild à l’Elysée

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macronMardi 18 septembre dans Libération, Emmanuel Macron, le jeune et sémillant secrétaire général adjoint de François Hollande a subi l’un des échecs les plus cuisants de sa brillante carrière. Privé de la prestigieuse page portrait du quotidien, il a subi l’humiliation de la relégation en pages intérieures.

Si le mot communication a un sens, il est pour le moins étonnant en ces temps dédiés à l’effort juste de voir se pavaner dans la presse un jeune banquier millionnaire tout à sa fierté d’être arrivé. Et d’apprendre qu’après Pigasse un deuxième banquier de gauche s’imagine volontiers postuler à la succession de François Hollande. Lazard contre Rothschild, la campagne 2022 s’annonce ébouriffante. Hollande, on le sait, n’a rien inventé : avant Macron à l’Elysée, au cabinet de Sarkozy, il y avait Pérol, et au coeur de sa campagne il y avait Proto, énarques eux aussi, tous deux passés chez Rothschild. De l’Elysée et de Rothschild, on finit par se demander qui est la Firme et qui est le centre de formation…

On glose beaucoup ces jours-ci sur les barons socialistes qui peinent à se défaire de leurs vilaines habitudes cumulardes. On a raison, le cumul est une plaie pour la démocratie. On disserte à foison sur la connivence entre médias et politique, sur les dangereuses liaisons des médecins avec les laboratoires pharmaceutiques. On a encore raison, elles mettent en danger le droit à l’information et la santé publique. Il reste que depuis une ou deux décennies, la politique de la France est mise en oeuvre par des jeunes gens sans doute très intelligents et très compétents, probablement délicieux et d’un commerce des plus agréables mais qui disons le, sont structurellement en position de conflit d’intérêt. Macron, Proto, Pigasse ou Pérol ne sont que l’écume d’un problème autrement plus préoccupant. Pour nos plus brillants et prometteurs jeunes hauts fonctionnaires, issus de grands corps tels que le Conseil d’Etat, la Cour des comptes, l’Inspection de finances, l’Inspection générale des affaires sociales ou membres de la prestigieuse direction du Trésor, la carrière consiste aujourd’hui à aller s’enrichir à millions dans le privé. Avant ou après passage par la case cabinet ministériel, peu importe, les serviteurs de l’Etat supposés mettre  en oeuvre la politique de la France ont été ou seront employés au mieux par de grandes firmes privées au pire par des banques d’affaires. Il sont sans doute honnêtes mais ils le savent. Ils en sont peut-être conscients peut-être inconscients mais cela les place en position de conflit d’intérêt.

A la fin de l’article  sur Emmanuel Macron,  avant la petite phrase de l’ami qui lui prête des rêves élyséens, il y a sa réaction à la proposition de campagne de Hollande sur la taxation à 75% : « Il manque de s’étouffer et lâche : c’est Cuba sans le soleil ». On s’étonnera juste qu’un esprit si bien né ne sache pas que les Etats-Unis sous Nixon (bien connu pour ses accointances avec le régime castriste) allaient encore bien au delà… Si le changement c’est maintenant, la fin du pantouflage c’est pour quand ?

 

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dvandembroucq

Par Damien Vandembroucq

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