Pour une bonne année, en mai, on couche avec un inconnu
En 2012, le vent de la révolte ne traversera ni la Méditerranée, ni la Loire
La commodité pour cet obligé papier de début d'année eût été de s'émerveiller sur l'année 2011 qui commença par un coucou de Ben Ali se cassant chez son pote progressiste d'Arabie Saoudite, laissant là son petit peuple à sa démocratie nouvelle, puis d'espérer, dans une démonstration optimiste et lumineuse, que le brûlant souffle des sables traverse en 2012 la Méditerranée, voire mieux, la Loire, jusqu'à Paris, par une sorte d'effet historico-météorologique du réveil des peuples.
Alors que l'Union européenne se réunit pour définir un énième plan historique de sortie de crise qui passera par davantage de rigueur et de récession, certaines propositions alternatives se font jour à gauche qui impliquent soit la mise en place d'euro-obligations, soit une intervention massive de la BCE. Si ces propositions peuvent paraître séduisantes, leur mise en application à l'échelle européenne pose d'importantes difficultés pratiques et démocratiques. Cependant, un quatrième scénario de sortie de crise est envisageable, qui impliquera que les responsables européens acceptent de procéder à un défaut ordonné des dettes souveraines.
Loin de moi l'idée saugrenue de préférer la guerre des pauvres contre les pauvres à la douce générosité fraternelle qui resurgit chaque fin d'année pour nous rapprocher douillettement les uns des autres, mais j'admets volontiers un grand scepticisme dès qu'arrive le lancement du Téléthon qui nous rappelle inlassablement la misère de l’État. Au risque de paraître infiniment scrogneugneu, permettez-moi une critique raisonnée de ce phénomène quasi-morbide qui consiste à vous faire lâcher du flouze après vous avoir tiré les larmes des yeux et qui a malheureusement des conséquences plus sévères ailleurs qu'ici, où l'ONGisme n'est en définitive qu'un moindre mal.
Ni lubie ni marotte idéaliste, cette analyse de l’état de la démocratie européenne est une exigence pour le futur de notre continent, et notre futur de citoyens d’une nation d’Europe. On ne peut pas impunément bafouer le pouvoir du peuple : qu’on le laisse donc s’exprimer dans les urnes, sinon il recourra demain à la violence.
Ni lubie ni marotte idéaliste, cette analyse de l’état de la démocratie européenne est une exigence pour le futur de notre continent, et notre futur de citoyens d’une nation d’Europe. On ne peut pas impunément bafouer le pouvoir du peuple : qu’on le laisse donc s’exprimer dans les urnes, sinon il recourra demain à la violence.
La raison d’être fondamentale de l’Union européenne a été, et est toujours, de garantir, après l’horreur des deux guerres mondiales, la paix à l’échelle du continent, et un développement économique et social au service du progrès humain.
Jugeant que la crise économique nécessite quelques décisions courageuses pour nous en sortir par le haut, nous avons décidé de recontextualiser le texte de l'appel du général de Gaulle pour remobiliser la nation dans la tempête.
Texte de l'appel du 18 juin (2012)
"Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête de l’économie française, ont formé un gouvernement. Ce gouvernement, alléguant la dette de notre économie, s'est mis en rapport avec l'ennemi pour cesser le combat.
Sur RTL, mercredi 09 novembre, avec morgue et ironie, Laurent Fabius réagissait à la proposition d'Arnaud Montebourg de ne pas accorder aux candidats de plus de 67 ans l'investiture du PS aux prochaines législatives : « J'ai vu Montebourg hier et je lui ai dit : quel âge as-tu? Il m'a dit 49 ans. Je lui ai dit : écoute, c'est très très âgé, moi-même j'ai été Premier ministre à 37 ans. Donc tu as pris quand même du retard... mais je pense que la limite d'âge devrait être fixée à 49 ans. »
Il n'est pas interdit d'imaginer qu'on fera bientôt des croix sur les gouvernements démocratiques d'Europe comme on en fit il y a très peu de temps sur les despotes Arabes.
Imaginons que Nicolas Sarkozy, lors d'un petit déjeuner avec Jacques Sapir et Claude Guéant, projette vaguement, en suivant le fil de sa pensée, tout en palabrant, de virer Fillon à quatre mois de la présidentielle et de nommer Nicolas Dupont-Aignan à Matignon, de faire déguerpir de leurs bureaux vides de pouvoir tous les ministres de paille et de constituer une sorte de gouvernement de guerre, ultra resserré, pour entamer la sortie de l'Euro à marche forcée.
Les journaux s’emplissent de colonnes sur la crise financière européenne. La Grèce, l’Italie, vont-elle faire défaut ? Mais lorsqu’une caste d’économistes libéraux se comporte vis-à-vis des nations européennes comme des liquidateurs judiciaires, quand les parlements et les peuples se couchent, c’est véritablement la démocratie qui fait défaut.
« Intouchables ». Mouais... S'il m'arrive de me forcer un peu pour paraître raccord avec mes semblables (les trentenaires bobos qui ne fréquentent la misère du monde que dans leurs estivaux voyages en Inde ou à deux heures du mat' sur Arte) et ne pas jouer le réac' de service qui décidément n'arrive pas à s'émerveiller devant l'épiphanie culturelle qui se déverse de la banlieue par l'entremise d'une industrie qui fait son gras sur un corpus de vocabulaire de 150 mots rappés ou slamés, là devant « Intouchables », le pourtant super bon public que je suis habituellement a un peu flippé.
Le laborieux accord obtenu au sommet européen du 21 juillet, accord qui était sensé « sauver la Grèce » une deuxième fois, a fait prendre conscience à certains de nos dirigeants que les institutions européennes actuelles mériteraient un petit toilettage. A présent où il apparaît de plus en plus clairement qu'avant même sa mise en œuvre, ce second plan est voué à l'échec, on pourrait même avancer qu'en fait de toilettage, un ravalement complet de la « gouvernance européenne » s'impose.
« Comment on passe de 440 à 1000 [milliards d'euros] sans que ça ne coûte rien à personne ? » La question ingénue de Jean-Pierre Pernaud au Président de la République lors de l'émission spéciale « Face à la crise » avait le mérite d'être claire. Par quel tour de passe-passe, l'accord européen était-il parvenu à démultiplier le fonds européen de stabilité financière (FESF) sans en même temps exiger plus de l'Allemagne, principal contributeur de la solidarité européenne ?
Écrit par Fatma Bouvet de la Maisonneuve et Anne-Claire Jarry-Bouabid
Vendredi, 14 Octobre 2011 12:36
Alors que les premières élections démocratiques tunisiennes auront lieu le 23 octobre prochain, Fatma Bouvet de la Maisonneuve et Anne-Claire Jarry-Bouabid nous font remarquer que la France est bien absente dans les moments clés que vit actuellement ce pays. Gérant de surcroit les réfugiés libyens, la Tunisie se débat toute seule pour mettre en place un processus démocratique.
La contiguïté des esprits, superflu nécessaire qui réunit la rédaction de Parti Pris, se mêle parfois à la convergence de nos opinions. Au premier tour des primaires citoyennes, chacun parmi nous vota selon son sens du salut public. C'est le même esprit qui nous animera dimanche, quand nous transformerons dans les urnes la volonté, qui n'a rien de superflue, de désigner pour le PS une candidature au cœur de la gauche. Nous éviterons de vous faire un prêche car nous vous savons jaloux de votre liberté de conscience, alors nous nous contenterons de vous communiquer cette lettre, écrite par un de nos esprits contigüe à ses amis. Et si vous le voulez bien, librement, laissez-vous convaincre.
Selon David Cayla, l'économiste en chef de Parti Pris, la crise aurait du induire une remise en question de l'idéologie du libre échange dès 2009. Or il n'en était rien : le rétablissement du secteur bancaire à la mi-2009 a empêché l'entreprise de réformes d'envergure tant qu'il était encore temps.
Quel que soit le vainqueur des primaires citoyennes dimanche, la gauche ne sera ni molle ni forte, ni superbe ni moribonde. Le PS et le PRG seront associés pour porter une candidature dont la mission première sera d'être politique, car c'est bien là que le bât blesse quoiqu'enthousiasmante ait été la mobilisation citoyenne autour de l'original et inédit exercice des primaires.
Le monde est penché sur l’Assemblée générale de l’ONU qui s’est ouverte lundi 19 septembre 2011. A l’ordre du jour de cette 66e session, il y a le défi lancé par Mahmoud Abbas au monde entier de reconnaître la Palestine comme Etat membre à part entière de la communauté internationale. En tant qu’hommes et femmes de gauche, attachés au droit, à la justice et à l’émancipation des peuples, nous devons souhaiter que le leader palestinien trouve son chemin vers l’Assemblée générale des Nations unies ce vendredi 23 septembre.
Dans «Les primaires socialistes, la fin du parti militant», Rémi Lefebvre se livre à une minutieuse autopsie de ce qu’il juge être une erreur primaire. Et à la lecture de cet essai extrêmement dense, on comprend que si le scrutin des 9 et 16 octobre prochains vire au fiasco, tout le monde en portera la responsabilité. A commencer par ceux qui ont imposé ce nouveau mode de désignation: les outsiders du PS, le think tank Terra Nova, Libération et Le Nouvel observateur…
Discours de clôture Université d'été du PS 2011 d'Emmanuel Maurel,
Emmanuel Maurel est membre fondateur et Directeur de la rédaction de Parti Pris, Secrétaire National du PS à l'université d'été et aux universités permanentes et vice-président de la Région Ile-de-France en charge de la formation professionnelle, de l’apprentissage et de l’alternance
Qu’est-ce que la « règle d’or » ? Concrètement, il s’agit d’un projet de loi modifiant notre Constitution, déjà adopté par l’Assemblée nationale et par le Sénat et qui n’attend donc plus, pour entrer en vigueur, que l’approbation par le Congrès, c’est-à-dire la réunion des deux assemblées, à la majorité des 3/5è. Certes, il y aurait bien, aussi, pour procéder à cette révision constitutionnelle, au lieu de la réunion du Congrès, la solution de soumettre aux Français ce projet au référendum.
Le concours de rigueur auquel se livrent actuellement les dirigeants européens apparaît totalement décalé. Il ne répond ni aux nécessités économiques puisqu'il nuit à l'activité, ni aux attentes de la population, et ne résout aucun des problèmes profonds soulevés par la crise.
L'opération « sirène » aura eu raison du Tyran aux Amazones. Cette marche des insurgés visait à isoler le colonel Kadhafi jusqu'à sa capitulation. A quatre heure du matin ce lundi 22 août, CNN diffusait des images de liesse populaire, rassemblant des milliers de personnes sur la place Verte, jusque là réservée aux rassemblements du régime. Mais est-ce pour autant le « dernier acte du drame Libyen », comme l'a martialement affirmé un communiqué de l'Otan ? On peut en douter. Effondrement d'un des plus anciens régimes dictatoriaux de la planète, assurément. Les lieux du pouvoir sont pris par la rébellion ou détruits par les bombardements de l'Otan, quelques têtes emblématiques sont tombées dans la nuit, comme celle du chef de la sécurité Mohamed Al Sanousi. Ainsi, Tripoli entame ce matin un nouveau chapitre de son histoire en se réveillant pour la première fois depuis 42 ans sans l'omniprésence de son très baroque dirigeant et de sa famille.
« La fortune ne devrait être possédée que par les gens d'esprit : autrement, elle représente un danger public... » Nietzche
Il est curieux, ce déploiement majestueux du pouvoir de la finance... Tyran sans visage semblant venir de nulle part, dictant souverainement sa loi à toute chose. Mais qui est-il et qui sert-il ? Sauver l'euro, la finance mondiale, les banques... Donnez lui le prénom que vous voudrez, quel est véritablement son nom ? On sauve qui, quoi et pour quoi faire, surtout ? La sophistication extrême de la finance l'a rendue incompréhensible pour la quasi-totalité des humains, donc profondément antidémocratique. Il vient d'où et il est à qui cet argent, en quantité ahurissante, qui vient alimenter le tonneau des Danaïdes de la dette des États ? Troublante menace qu'on ne peut désigner du doigt, ces insaisissables « marchés ». Ils « s'effondrent » et « rebondissent », sont tantôt « en forme » puis « démoralisés », quand il leur prend d'être anthropomorphes.
D'un incendie l'autre. Il y un an je traversais la Russie en flamme et découvrais Moscou sous le voile diaphane de la fumée des incendies, cet été c'est depuis l'est des Etats-Unis que je vous livre mes chroniques, pays tout autant léché par les flammes, celles d'un enfer aussi capitaliste que bien chrétien. Alors les Américains ? Ils vont bien : une grosse dette et des extrémistes en pleine forme ! Comme nous. Quant moi, je vous aurais volontiers conté mon art de la procrastination et mes pérégrinations sur la côte Est du continent américain et puis il y a eu ce sommet de guignols sur la dette grecque et ce massacre en Norvège. Chroniques enflammées.
Mais pourquoi diable ces agences de notation s'acharnent-elles à détruire notre bel ouvrage européen ? A peine l'Europe s'entendait-elle pour résoudre la crise grecque en allouant au gouvernement de Papandreou de quoi passer l'été que Standard and Poor's faisait savoir que les scénarios de sortie de crise envisagés par les dirigeants européens « conduiraient probablement à un défaut de paiement » de l’État grec. Une manière de montrer le peu de crédit que ses experts accordent aux plans de « sauvetage » qui s'acharnent en ce moment sur le peuple grec. Deux jours plus tard, c'était au tour de l'agence Moody's de dégrader de quatre crans la note des titres portugais. D'ici à ce que le Portugal finisse en moussaka pour traders affamés... c'est sans doute l'affaire de quelques mois.